Actualité

Organisation d'une conférence-débat de haut niveau consacrée au thème : « La numérisation comme outil d’intégration et de complémentarité des États arabes membres avec l’économie mondiale »

L'Union des conseils économiques et sociaux arabes et institutions similaires (UAESCSI), présidé par l'Algérie représentée par le Conseil National Économique, Social et Environnemental (CNESE), a organisé, le mercredi 30 septembre 2026, à l'hôtel El Aurassi d'Alger, une conférence-débat de haut niveau consacrée au thème : « La numérisation comme outil d’intégration et de complémentarité des États arabes membres avec l’économie mondiale ». Cet évènement a réuni un large éventail de délégations arabes et africaines, ainsi que des experts, des représentants d’institutions nationales et des acteurs économiques et sociaux.

La conférence s’est tenue dans un contexte de transformation profonde de l’économie mondiale, portée par l’essor des technologies numériques. L’intelligence artificielle, les données massives, le cloud, le commerce électronique, les technologies financières et les nouveaux modèles économiques numériques redessinent les chaînes de valeur, les modes de production, les échanges commerciaux et les conditions d’accès aux marchés. Ces mutations constituent à la fois un défi et une opportunité pour les économies arabes, notamment pour les petites et moyennes entreprises et les start-up, dont la compétitivité dépend de plus en plus de leur capacité à accéder aux technologies, aux données, aux infrastructures numériques et aux marchés internationaux.

Dans son allocution d’ouverture, le Président du CNESE et Président en exercice de l’UCESAIS, le Professeur Mohamed Boukhari, a souligné que la transformation numérique était susceptible de donner une nouvelle dimension à l’intégration économique arabe, notamment à travers l’interconnexion des économies, des infrastructures et des systèmes. Il a relevé que l’intelligence artificielle, les données, le commerce électronique et les technologies financières sont désormais au cœur des mutations de la productivité, de l’émergence de nouvelles activités et de nouveaux emplois, ainsi que de la recomposition des chaines de valeur.

Le Président du CNESE a également souligné que, dans ce nouveau contexte, l’intégration économique ne saurait être appréhendée uniquement à travers l’évolution des volumes d’échanges commerciaux. Elle implique également de lever les obstacles qui entravent les flux numériques, de faciliter les échanges de biens et de services, de favoriser l’interconnexion des systèmes de paiement, de renforcer l’interopérabilité des plateformes et de garantir un échange des données sécurisé, fiable et maitrisé. L’enjeu consiste ainsi à transformer la connectivité numérique en une véritable valeur économique commune et à faire de la transformation numérique un instrument au service d’une intégration arabe plus profonde.

Intervenant à son tour, le Directeur Général de l’Organisation arabe du travail (OAT), M. Fayez Ali Al-Mutairi, a prononcé une allocution consacrée notamment à l’importance du dialogue social dans l’accompagnement des grandes transformations économiques et technologiques. Il a insisté sur la nécessité de rechercher un équilibre entre les impératifs de développement économique, les mutations du marché du travail et les exigences liées à la protection sociale. Dans cette perspective, il a souligné l’importance d’anticiper les effets de la transformation numérique sur l’emploi et les compétences, tout en veillant à ce que les bénéfices de cette transition puissent être partagés par les différentes composantes de la société.

La conférence a également été marquée par l’intervention de M. le Président de l’Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS), également Président du Conseil de la République hellénique (Grèce), qui est intervenu par visioconférence. Il a souligné, à cette occasion, la nécessité de renforcer la coordination aux niveaux international et régional et d’œuvrer en faveur du progrès et du développement des peuples du monde.

Les travaux de la conférence ont été enrichis par les interventions de représentants et d'experts de conseils économiques et sociaux et d'institutions similaires, qui ont apporté des éclairages complémentaires sur les enjeux de la transformation numérique et de l'intégration économique arabe. M. Majed Al-Hilu, Vice-Président du Conseil économique, social et environnemental de Palestine, a présenté « La réalité de la numérisation et de la transformation numérique en Palestine », tandis que M. Nadhir Al-Awamleh, secrétaire général du Conseil économique et social du Royaume hachémite de Jordanie, a livré une communication intitulée « La numérisation comme outil d'intégration et de complémentarité des États arabes membres dans l'économie mondiale ». M. Amine Cherar, expert auprès du Conseil économique, social et environnemental du Royaume du Maroc, a abordé le passage « De la transformation numérique nationale à l'intégration numérique arabe ». Du côté algérien, M. Younes Kerrar, expert et membre du CNESE, a traité de « L'intelligence artificielle et du repositionnement des économies arabes dans les chaînes de valeur mondiales », suivi de M. Mohamed Salhi, expert et membre du CNESE, qui a consacré son intervention à « L'interopérabilité comme nouvelle infrastructure de l'intégration économique arabe ». M. Madjid Massoudane, expert, a clôturé la série des communications avec « L'inclusion numérique comme moteur de l'élargissement de la base productive et de l'intégration des économies arabes dans l'économie mondiale ».

Ces interventions ont été suivies de discussions et d’échanges riches, qui ont mis en lumière plusieurs dimensions essentielles de la transformation numérique, notamment le développement des infrastructures et des services numériques, l’intelligence artificielle, l’interopérabilité des systèmes, l’inclusion numérique ainsi que la réduction des fractures numériques. Les échanges ont également porté sur les conditions à réunir pour faire de la numérisation un véritable levier d’intégration économique, de renforcement de la compétitivité et de création de valeur, dans le cadre d’une transition numérique maîtrisée et inclusive, fondée sur la coopération, l’innovation et le développement des capacités nationales et régionales.

Dans cette perspective, les participants ont souligné l'importance d'une coopération renforcée entre les États arabes et leurs institutions économiques et sociales, reposant sur le partage des connaissances, l'échange des bonnes pratiques et la mise en place de cadres communs propres à favoriser l'interconnexion des économies et des marchés. La numérisation apparaît ainsi comme un vecteur transversal au service des politiques de développement, du renforcement des capacités productives et de l'intégration des économies arabes dans les chaînes de valeur mondiales.

La conférence-débat a enregistré une participation importante de délégations des pays arabes, ainsi que de représentants d’institutions, de conseils économiques, sociaux et environnementaux et d’organismes similaires. Cette participation témoigne de l’intérêt particulier accordé au thème retenu et de sa portée au regard des défis communs auxquels sont confrontées les économies arabes et africaines dans un contexte marqué par l’accélération des transformations numériques.

Du côté africain, la conférence a enregistré la participation de délégations de la République du Tchad, de la République du Congo, de la République centrafricaine et de la République d'Afrique du Sud, représentée notamment par le National Economic Development and Labour Council (NEDLAC). 

La présence de ces différentes délégations a conféré à la conférence une portée qui dépasse le seul cadre de la transformation numérique. Elle a constitué un espace de dialogue entre les institutions de concertation économique et sociale arabes et africaines, propice à la confrontation des expériences, à l'identification de convergences et à la réflexion sur de nouveaux mécanismes de coopération face aux mutations économiques, technologiques et sociales en cours.

Dans ce contexte, les participants ont plaidé pour une meilleure harmonisation des législations relatives au commerce électronique, à l'intelligence artificielle, à la gouvernance des données et à la cybersécurité, ainsi que pour la réduction de la fracture numérique et de la dépendance technologique. L'idée d'une plateforme numérique arabe commune a également été évoquée comme moyen de faciliter les échanges, de rapprocher les écosystèmes et de renforcer la coopération entre les pays arabes.

Le rôle des conseils économiques et sociaux et des institutions similaires a, par ailleurs, été particulièrement souligné. Par leur fonction de concertation, d'analyse et de formulation de recommandations, ces institutions sont appelées à accompagner les transformations structurelles, à rapprocher les points de vue des différentes composantes économiques et sociales et à contribuer à l'élaboration de politiques publiques adaptées aux mutations induites par la transformation numérique.

À travers cette conférence, le CNESE, dans le cadre de la présidence algérienne de l'UAESCSI, a ainsi contribué à placer la transformation numérique au cœur de la réflexion sur l'avenir de l'intégration économique arabe, en mettant l'accent sur la coopération, l'innovation, la souveraineté technologique et la création de valeur partagée.